A propos tristan

Botaniste en herbe, apprenti herbaliste, éco-jardinier, kiffeur de chlorophylle...

l’Arbre de Judée du Miroir

L’arbre de Judée est une essence du sud-est de la méditerranée et du proche orient.
L’origine biblique de son nom est communément avancée : Judas Iscariote se serait pendu à une branche de cet arbre après avoir trahi le Christ. Il se peut toutefois qu’il y ait eu avec le temps une confusion/amalgame entre Judas et la région de Judée[2] (actuellement Israël et Palestine). Que l’arbre ait été nommé en fonction de son origine géographique est bien plus probable.

Plus proche de nous on le trouve sur les coteaux chauds, secs et ensoleillés du sud de la France, mais son caractère autochtone[3] est controversé : pour certains il a été introduit au XVIème siècle, pour d’autres il pourrait avoir été rapporté de terre sainte par les croisés[1] en raison du symbole qu’il représente ; il se pourrait enfin que sa présence en France soit bien plus ancienne comme semble l’attester la découverte de Fossiles[4].
Plus au nord, pour sa beauté et grâce à une bonne rusticité l’arbre est fréquemment planté dans les parcs et jardins.

Impossible de confondre l’arbre de Judée avec d’autres espèces une fois identifiées certaines de ses caractéristiques :
petit arbre, plutôt étalé, présentant généralement plusieurs troncs ou un tronc ramifié assez bas ; branches sinueuses, écorce très sombre et finement gerçurée.
Les vieux individus ont tendance à pencher/plier et présentent parfois un tronc superbement torsadé.


Pour identifier l’espèce, feuilles, fruits et surtout fleurs, sont les parties les plus caractéristiques :

Ses feuilles ont l’aspect d’un coeur émoussé ; et s’il n’y avait à la base l’échancrure due au pétiole elles sembleraient parfois presque rondes. Fruits en forme de petites gousses brun-rougeâtre pendantes qui persistent longtemps sur l’arbre.

Mais s’il y a bien une chose à retenir de l’arbre de Judée c’est sa fantastique floraison :
les fleurs, très nombreuses et d’un rose soutenu, apparaissent avant les feuilles et semblent littéralement gainer l’arbre. Elles ont en effet la particularité de pousser directement sur les branches, même les plus grosses, jusqu’au tronc lui-même ; on dit alors de cette espèce qu’elle est « cauliflore »[5]. Cette particularité botanique, fréquente en milieu tropical, est chez nous suffisamment insolite pour en faire un critère de détermination imparable.

Le contraste entre ces touffes roses et l’écorce presque noire est splendide !
Qui a vu fleurir de près un arbre de Judée n’est pas près de l’oublier.


La commune de Publier abrite un fantastique représentant de cette espèce.
Au premier abord cet arbre n’est pas le ligneux le plus impressionnant du parc du Miroir ; en dehors de sa période de floraison on pourrait même ne pas y faire attention, les séquoias voisins et le panorama sur le lac Léman ayant tendance à lui voler la vedette.

Mais ne vous y trompez pas, il s’agit bien (et de loin) de l’arbre le plus remarquable du parc!

Individu trapu, d’aspect vénérable. Structure en « Y » assez massive, beau fût cannelé, en partie écorcé : ancienne grosse charpentière coupée, ayant entraîné le dessèchement de la partie du tronc correspondant au circuit de circulation de la sève. Arbre creux. Houppier déséquilibré côté lac

Il n’est pas impossible qu’il s’agisse d’un ancien double-tronc fusionné, mais pour ma part je pense plutôt qu’il s’agit d’un tronc unique ramifié assez bas. Ses mensurations sont exceptionnelles pour l’espèce ; d’autant plus incroyable que nous nous trouvons en dehors de son aire naturelle.

Circonférence : 3,86 m au plus étroit[9].

Un des plus gros[6] arbres de Judée de France !

La longévité de l’espèce semble plutôt faible : les plus vieux spécimens dépassent de peu les 200 ans, mais la majorité des arbres atteint généralement 100 à 150 ans[8]. Difficile d’estimer l’âge de cet individu, mais il parait probable – du moins vraisemblable – qu’il avoisine le siècle et demi (l’arbre fût planté dans une grande propriété privée en bord de lac, devenue aujourd’hui un parc public très fréquenté).

Sans être exceptionnelle sa hauteur – 11 m[10] – est tout de même relativement élevée, car si l’espèce peut atteindre 15 à 16 m elle ne dépasse habituellement pas 10 m[7].

 

Outre ses dimensions, sa beauté et sa présence un peu inattendue au bord d’un lac savoyard, cet arbre de Judée possède une autre corde à son arc ; curiosité qui n’aura pas échappé aux plus observateurs :
un merisier de belle taille pousse au niveau de la fourche, au coeur du tronc creux riche en humus, et mêle son feuillage à celui de son hôte.
De loin, avec son double feuillage et sa double floraison, notre Cercis ressemble à une étrange chimère végétale .

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GPS: 46.399386 , 6.531147
Accès: Très facile. Parc très fréquenté. Parking plage d’Amphion ou cité de l’eau. À mi-chemin entre Evian et Thonon ; ~40 km depuis Genève ; ~80 km depuis Annecy.

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le Frêne de Talavé


Situé au coeur du massif des Bornes le plateau des Glières est un plateau calcaire d’une altitude moyenne de 1 450 mètres[10] ; ce qui n’est pas si élevé pour notre département dont l’altitude moyenne est de 1160 m[10].
Pourtant, vu des vallées environnantes le site peut paraître inaccessible.

L’aspect imprenable du plateau des Glières est à l’origine de sa renommée.

Lors de la seconde guerre mondiale[8], profitant de cette topographie particulière, une centaine de maquisards s’y installe pour organiser une résistance que l’on peut qualifier d’héroïque, tant les conditions de vie étaient rudes, l’issue incertaine, et les forces en présence déséquilibrées. La résistance des Glières enflammera les esprits et les imaginations au point de se transformer en un véritable mythe moderne (qui n’est pas sans évoquer, je trouve, l’antique bataille des Thermopyles).


Le site est depuis lors célèbre bien au delà du département – voire même au delà de nos frontières – pour le rôle qu’il a joué lors de ce conflit et comme symbole de résistance à l’oppression…

L’accès le plus connu et le plus emprunté, menant au monument de la résistance, se fait depuis Thorens-Glières ; mais il existe une autre route, plus discrète, au nord-est du plateau, au coeur même des sites les plus chargés d’histoire[11].
Après de nombreux lacets, arrivés au plateau, vous tomberez sur une autre sorte de résistant.

Avec son aspect de ruine végétale d’aucuns auraient du mal à qualifier le Frêne de Talavé de « beau » : port dissymétrique, structure biscornue ; houppier clairsemé ; tronc massif, abîmé, grêlé, couvert de boursouflures et d’anciennes blessures ; charpentières frêles aux nombreuses branches sèches ; le tout couvert de mousses, de lichens et de plantes épiphytes.

Ces défauts apparents lui confèrent pourtant un charme étrange, captivant, une noblesse un peu bourrue.

On ne peut rester insensible face à cet impressionnant Fraxinus marqué par le temps, véritable colosse ligneux surplombant la route, gardien du vallon de Talavé[1] et de son obscur passé.

On pense évidemment aux événements tragiques et glorieux du siècle dernier, aux batailles qui ont eu lieu non loin de là, voire au pied même de l’arbre : le chalet qu’il jouxtait[4] à l’époque ayant vraisemblablement été brûlé par les Allemands[2].

« Le matin du 5 avril [1944] , des jeunes (…) grimpent sur le plateau des Glières, accompagnés par les gendarmes (…) Tandis que la luge redescend, les gendarmes et les jeunes continuent leur avance sur le plateau. Le café des Chasseurs de Mme Bussat est brûlé, de même que les chalets du Talavé et de la Revoue. Quelle désolation ! » [7] 

Il ne reste aujourd’hui de cette bâtisse que la base des murs en pierre, couverts de mousses et masqués par une végétation oblitérant peu à peu ce tragique passé.

Le Frêne de Talavé, témoin vivant (littéralement) de cette époque trouble, symbole de résistance et de résilience, n’aurait alors que plus d’intérêt ![3]

Côté dimensions on a affaire à un véritable colosse.


Il s’agit à ce jour, avec ses 5,51 mètres de circonférence[5], du plus gros Frêne connu de Haute-Savoie[12].

Sa hauteur, 22 m[5], est en revanche plutôt commune.

Il serait âgé d’environ 200 ans[6] ; ce qui est assez élevé pour l’espèce, car si certains individus atteignent des âges très élevés (dans des conditions bien particulières), la plupart des vieux frênes ne dépasse pas les 200 à 250 ans.

Vu sa structure (tronc massif et court, branches de faibles grosseurs) il n’est pas impossible qu’il ait été anciennement taillé. Une photographie aérienne de 1936[9] montre un houppier peu imposant, ce qui pourrait confirmer cette hypothèse.

L’arbre semble encore relativement vigoureux malgré son aspect délabré. De nombreuses plantes épiphytes, dont un petit épicéa et un gros sorbier des oiseaux, y ont élu domicile.

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GPS: 45.97648 , 6.369887
Accès: par Bonneville (~18km) ou depuis Annecy via Thônes et le Grand-Bornand (~37km). Sur la D12 à ~2km au sud du Petit-Bornand-les-Glières empruntez le pont menant au plateau des Glières. Après 5km de lacets vous arriverez au pied du Frêne.

Arbre signalé par Claude Lebahy, présenté sur le livre « Arbres remarquables en Haute-Savoie ».
Merci à Marc Chuard pour les compléments d’infos apportés.
crédits photos d’archives: glieres-resistance.org / Raymond Perrillat (association des Glières) / fonds Jean Bochard

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les Sapins de Chavanne

Dans le Jura franco-suisse on appelle « Gogant » les sapins d’alpage isolés, aux dimensions hors normes et aux formes tourmentées. Bien loin des canons de beauté des arbres de futaie aux troncs rectilignes et élancés le gogant[1] présente un fût court, massif, parfois cannelé et/ou bosselé, surmonté/hérissé de grosses branches biscornues, le tout offrant souvent l’aspect d’un colossal candélabre ligneux[2].

Il y a fort longtemps (à l’échelle de mon parcours de dendrophile), au détour d’un texte de Van Gennep[3] lu en diagonale, je tombais sur ce passage :

« Félix Dégrange, contant son excursion à la tanière du diable, près de la tour du piton, au Salève, déclare que, les sapins gigantesques ou gogans de ce pays ont donné lieu à des légendes, mais sans autre détails ()« [4]

Quelques lignes bien laconiques ; suffisantes toutefois pour secouer ma curiosité au delà du raisonnable…

Je connaissais le Salève bien sûr ; de vue, comme tout chablaisien. Impossible de manquer cette montagne en forme de vague figée au dessus du Genevois en une impressionnante paroi rocheuse d’aspect infranchissable[16].


Montagne qui dès l’enfance alimentait mes fantasmes d’expéditions dans d’obscures et sauvages forêts de contes fantastiques.

Alors imaginez l’effet de cet extrait sur l’arbo-reporter néophyte que j’étais!

Il m’a tout de même fallu attendre quelques années avant d’avoir l’occasion de vadrouiller au Salève, bien assez de temps pour que mon imagination, par anticipation, peuple mes rêveries d’incroyables monstres ligneux.

J’ai depuis ce premier pas généreusement arpenté le massif, et mes découvertes ont largement dépassé mes attentes[5] tant le site regorge d’arbres remarquables ; une véritable pépinière!
Toutefois j’ai accumulé pas mal de journées sur le terrain avant de tomber sur mon premier petit gogant: même s’il s’agissait d’un bel arbre, j’en conviens, on était encore loin des sapins gigantesques évoqués plus haut. Pourquoi tant d’arbres remarquables, d’espèces si variées (alisier, aubépine, érables, frêne, épicéa, hêtre, tilleul, saules, etc) et si peu de sapins, ne serait-ce que localement remarquables?
Quelle étrange singularité statistique!

J’ai fini par me convaincre de la disparition probable de ces conifères de légende.

Ce n’est qu’en 2017, lors d’une expédition de contrôle, destinée à confirmer/infirmer une vive intuition que j’avais eu quelques mois plus tôt, que je découvrais mon premier sapin d’exception, digne des excursions de Félix Dégrange. Je n’y croyais plus vraiment ; cette rencontre tant attendue fut donc, paradoxalement, plutôt inattendue.

Elle eut lieu en lisière d’alpage, au lieu-dit Chavanne[12], sur la commune d’Archamps, entre la Croisette et le Grand Piton, point culminant du Salève[13].

Difficile de décrire la joie, l’enthousiasme, voire l’euphorie provoquée par une telle découverte.

Aucun doute à avoir, même de loin:
il s’agissait incontestablement d’un Gogant AOC[6].

Cet arbre présente un houppier plutôt large et étalé, vaguement sphérique. Fût très court et massif, assez vite ramifié en plusieurs grosses branches courbées-ascendantes. L’une d’elle est particulièrement impressionnante ; bien plus grosse à elle seule (avec ses 3,08 m de tour!) que la plupart des sapins du secteur.
Les mousses couvrant une partie du tronc et des branches ajoutent une touche pittoresque et une impression d’ancienneté à l’ensemble ; l’arbre n’en a que plus de caractère.

Sans être spécialiste je trouve l’aspect sanitaire peu rassurant: axe principal cassé, gisant au sol[7]. Une des cimes est sèche[8], et d’autres parties du houppier présentent des signes d’affaiblissement (aspect général de bouquet défraichi). La présence d’une fissure verticale – due à la chute de l’axe central – est de mauvais augure, car l’énorme charpentière est idéalement placée pour faire levier sur la partie aval du tronc qui risque donc bien à court ou moyen terme de s’effondrer (voir cette image).
Toutefois, ne soyons pas trop pessimistes ; les Gogants ont déjà prouvé leur fantastique résilience.

Sans atteindre les records de l’espèce cet arbre est vraisemblablement assez âgé ; probablement entre 250 et 300 ans au compteur.

Sa circonférence est de 4,87 m au plus étroit[9], et reste très importante au dessus de la grosse charpentière (4,27 m).

À ce jour un des plus gros sapins du département[11].

La hauteur – 19 m[14] – est plutôt faible ; mais les gogants ne sont généralement pas des arbres très élevés.

Cette seule découverte aurait suffi à combler ma journée, mais je n’étais pas au bout de mes surprises ; le site abritant d’autres sapins remarquables. Et pas besoin de chercher bien loin.

Impossible de passer à côté du monstre situé à un jet de pierre en amont du Gogant.

Ce second sapin présente une forme très étrange, qui finalement l’éloigne autant de l’arbre forestier classique que du Gogant stricto sensu:
base très large, enflée, un peu boursouflée au pied en amont (présence d’une petite loupe). Son étonnant fût renflé, légèrement courbe, présente à son sommet une grosse branche courbée-ascendante côté aval (rapidement divisée en deux, en langue de serpent), à partir de laquelle le tronc s’affine très nettement en un axe bien rectiligne plus classique, très branchu en aval.
Une grosse branche dont il ne reste que le chicot sec, partait jadis de la base…

Bien que d’un aspect plus énergique et moins délabré que le précédent cet arbre est probablement aussi âgé.

Côté dimensions on a là aussi affaire à du hors norme:
4,85 m à 1m30 amont, pour, tenez-vous bien…  6,27 m à la base![9]

Individu qui, fort de ces mensurations, intègre légitimement le palmarès des plus gros sapins de Haute-Savoie, en compagnie du Gogant[11].

Un arbre vraiment très impressionnant!

Si la hauteur – ~30 m – n’a rien d’incroyable elle reste toutefois importante pour un sapin aussi massif.

Il a déjà reçu la foudre[15] : une grosse cicatrice d’aspect relativement récent court le long du tronc, indiquant le chemin parcouru par l’arc électrique (voir ici).

Mais continuons la visite…

Les deux colosses précédents, indéniablement les plus importants du site, sont entourés d’autres sapins qui, bien que moins impressionnants, sont tout de même remarquables.

Forme étonnante pour cet troisième Abies qu’on croirait être l’assemblage de deux arbres de structure/nature différente: Base massive, enflée/globuleuse et penchée sur ~1m80/2m, subitement rétrécie, presque coudée, présentant ensuite un tronc bien droit.
Nombreuses grosses branches en aval.
Circonférence: 4,55 m à 1m30 amont / 3,65 m au dessus du renflement / 4,75 m à la base[9].

Non loin de là un quatrième sapin fait office de bon élève avec son aspect plutôt classique de sapin forestier: tronc bien rectiligne et quasi cylindrique, branches fines, etc. Toutefois ne vous y trompez pas, ses dimensions, sans être exceptionnelles, sont indéniablement remarquables. 

Circonférence: 3,84 m à 1m30 amont[9].

Le plus imposant d’un trio de sapins élancés. Aspect vigoureux et puissant. Plus branchu côté aval. Belles racines apparentes, un peu en contreforts. Un sapin plutôt élégant.

Probablement âgé de 200 ans environ.

Hauteur mesurée: 32 m[10].

D’autres sapins, de moindre importance, méritent tout de même un coup d’oeil.

– le « Diapason »: deux troncs quasi parallèles collés à la base. L’un des deux axes est sec et brisé. Le plus gros mesure 3,74 m de tour à 1m30 amont[9]. Aspect de ruine végétale.
– Forme en candélabre pour cet autre sapin de 3,10 m de circonférence[9]. Nombreuses branches courbées-ascendantes, axe bien droit.

Autres circonférences relevées dans ce secteur: 3,31 / 3,12 / 3,10 / 3,08 / 3,03 / 2,96 / 2,93 / 2,88 / 2,80 / 2,78 / etc[9]
Les hauteurs elles ne dépassent pas 30m.

Une belle moisson de sapins remarquables. Ragaillardi par cette découverte je suis désormais persuadé qu’il en existe d’autres (on m’en a signalé au dessus des Bois de Pommier ainsi qu’aux alentours du Petit Piton, mais je ne suis pas parvenu à les trouver. Un texte de 1902 évoque aussi des « épicéas en candélabre »[17] à Cruseilles)…

Avis aux dendro-aventuriers! La chasse aux trésors est ouverte toute l’année.

Galerie

Localisation: cliquez ici
GPS: aux environs de N46° 06.495′ E6° 09.345′
Accès: Assez simple. 15 km depuis Genève, 35 km depuis Annecy. Prendre la route sommitale du Salève (depuis Cruseilles ou au sud de La Croisette). parkings les plus proches: la croisette (2km), ou le Grand Piton (2,4km). Les sapins sont un peu à l’écart (~150m) du principal chemin de randonnée sommital. Un peu de hors-piste à faire donc. Pentu par endroits mais rien de dangereux. Site à éviter, bien sûr, par temps orageux ou par grand vent.

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Clématites de la Grande Corne

Une plante est dite « ligneuse » quand elle fabrique du bois (constitué, entre autres, de molécules de lignine, d’où le nom[9]). Contrairement aux plantes dites « herbacées » qui fanent cycliquement au rythme des saisons (voire définitivement pour les annuelles), la plante ligneuse croît régulièrement grâce au bois qui, outre ses fonctions de stockage et de conduction de la sève[15] assure, par sa résistance/solidité, une fonction de soutien. Cette trouvaille évolutive[10] a notamment permis aux plantes ligneuses de gagner en taille et en longévité.

Évidemment, on pense aux arbres: vieux chênes, séquoias géants, tilleuls séculaires, fayards noueux, sapins élancés, majestueux platanes, etc…

…mais on oublie trop souvent les ligneux peu élevés[20], forcément plus discrets : arbustes, arbrisseaux, voire même sous-arbrisseaux (ces derniers ne dépassent pas les 50cm de haut).
Quelques exemples au hasard: sureaux, fusain, buis, rosiers, noisetier, cornouillers, saules nains, etc.

Ces modestes végétaux sont très peu représentés dans les inventaires d’arbres remarquables. Pour être précis, en France, ils ne constituent que 4 % environ des données collectées[18]
Un tel désintérêt s’explique vraisemblablement par leur aspect non-impressionnant.
Certains individus peuvent pourtant atteindre des tailles et des âges totalement hors normes au regard des spécificités de leur espèce, et mériteraient donc parfaitement de figurer dans ces inventaires.

Tout en bas de notre échelle d’intérêt il existe d’autres ligneux quasi ignorés, mal-aimés, et parfois même méprisés : il s’agit des lianes[22].
Ces plantes, bien que fabriquant du bois, ne sont pas assez résistantes pour soutenir leur propre poids et utilisent un support pour gagner en hauteur[12]. On parle donc de plantes grimpantes.
Bien rares sont les lianes dans les inventaires[19]. On trouve quelques exotiques comme les glycines ou bignones pour leurs spectaculaires floraisons ou pour les impressionnantes tonnelles végétales qu’elles constituent parfois ; bien plus rarement quelques vignes ou quelques lierres

…mais jamais de clématites !

La Clématite vigne-blanche (Clematis vitalba) est une espèce autochtone très commune[11], facile à reconnaître, impossible à confondre. Souvent présente dans les haies et en lisière ; pouvant grimper très haut dans les arbres ; elle se couvre en été d’abondantes et odorantes fleurs blanc-jaunâtre, qui une fois fécondées se transforment en denses pompons plumeux/cotonneux[13] très caractéristiques[14], formant en hiver de vaporeux nuages blanchâtres dans les houppiers défeuillés. En outre elle offre parfois à nos bois occidentaux, quand on la trouve en grande quantité, des allures de forêts tropicales. De quoi faire le bonheur des enfants prompts à peupler ces entrelacs de lianes de leurs rêves d’aventures.
Pour les adultes, c’est une autre affaire. Son aspect sauvage et incontrôlable est peut-être à l’origine de l’indifférence – voire du mépris – qu’on lui porte ; en France en particulier où nous sommes culturellement enclins à apprécier une vision propre et disciplinée de la nature qui ne saurait tolérer de telles plantes dissidentes.

Si elles n’atteignent pas les dimensions rencontrées chez le lierre ou d’autres lianes comme la glycine ou la bignone, il n’en existe pas moins des individus hors normes.

L’espèce est pourtant absente des inventaires d’arbres remarquables[4], pour la raison évoquée précédemment, mais aussi probablement à cause de sa présence dans des broussailles, lisières et sous-bois sauvages souvent impénétrables, pouvant décourager jusqu’aux plus audacieux des dendrophiles.

Faute de données dendrométriques à analyser/comparer il n’est alors pas évident d’établir une échelle statistique.

Toutefois mes recherches, l’habitude, ainsi qu’un certain nombre de mesures réalisées ces dernières années m’ont permis d’établir une échelle de remarquabilité que j’estime plutôt fiable/crédible.

Les clématites peuvent atteindre l’épaisseur d’un poignet (15 à 20 cm de tour) ; peu fréquentes au-delà de 20 cm de circonférence, elles excèdent rarement les 30 cm (seuil de remarquabilité acceptable), et deviennent rarissimes à partir de ~36/37 cm. 35 cm pourrait être un seuil de remarquabilité solide, peu contestable (mais 30 cm c’est déjà peu commun).

 

Les plus impressionnantes clématites qu’il m’ait été donné de rencontrer se trouvent au nord du département, dans la commune de Sciez, au lieu-dit « la Grande Corne ».
Le site abrite plusieurs lianes remarquables, certaines dépassant même largement ce que j’estimais possible pour l’espèce. Je dois avouer que j’ai eu du mal à en croire mes yeux..

La plus imposante de ces Clématites affiche en effet une circonférence de…

53,5 cm[5] !

Nous avons donc affaire à une liane exceptionnelle[6],
vraisemblablement la plus grosse Clématite du département[7],
et probablement une des plus imposantes de France[8].

Elle pousse sur un Pin sylvestre et présente un simili-tronc courbé/ascendant de 1m50 environ avant ramification (vers 80cm du sol). Au delà les deux tiges mesurent 36,5 et 34,5 cm.

Liane d’autant plus remarquable qu’elle est située au sein d’une pinède elle-même remarquable[1] (avec quelques individus tout à fait hors-norme comme ce superbe Pin-Kraken), sur un site à fort intérêt patrimonial[2] propriété du conservatoire du littoral[3].
Les clématites y sont assez nombreuses, ajoutant une touche graphique et un aspect sauvage au lieu.

Une autre Clématite mérite d’être signalée.
Elle se situe une centaine de mètres plus à l’est, vers la lisière de la grande prairie.

Cette liane paraît double, ramifiée au niveau du sol. Elle présente deux tiges en large crochets : d’abord rampantes, puis courbé ascendantes. L’une des deux est très imposante.

Sa circonférence est de 44,5 cm à 1m30, pour 48 cm vers la base[16].

La deuxième tige, plus modeste, mesure tout de même 33 cm de tour.

Apparemment moins exceptionnelle que la précédente clématite donc. À noter toutefois:
l’écart de circonférence est de 9 cm, ce qui fait à peine 3 cm de diamètre – important du point de vue dendrométrique, mais visuellement la différence n’est pas si frappante. De plus, cette clématite conserve un diamètre important sur une grande longueur, là où la précédente se ramifiait très tôt.

En outre, la partie basse de l’ensemble, au niveau de la fourche, étant semi-enterrée; il est difficile de savoir si nous avons affaire à deux clématites tangentes ayant fusionné[23] ou bien à une seule ramifiée au niveau du sol (voire ramification haute avec une partie de la tige enterrée?).

S’il s’agit d’un seul pied alors le précédent record pourrait bien être dépassé (peut-être plus de 60 cm sous la ramification ! À vérifier).

Donner un âge à ces lianes est malaisé, la bibliographie étant à ce sujet (à ma connaissance) quasi-inexistante.
L’espèce atteindrait 25 à 30 ans[24] ; Les spécimens présentés ici étant tout à fait hors-normes, il est plus que plausible qu’ils aient dépassé cette limite.
La seconde clématite pourrait avoir 35 ans au maximum[17]. Quant à la première, il ne paraît pas invraisemblable qu’elle soit plus âgée encore.
50 ans est une limite haute au delà de laquelle toute estimation semblerait exagérée, en tout cas purement gratuite[21]

Autres circonférences remarquables relevées sur le site de la Grande Corne: 36 – 33,5 – 31,5 – 30 cm, etc (non exhaustif).

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Localisation: cliquez ici
GPS: N46° 20.450′ E6° 21.944′
Accès: Les sorties hors sentier ne sont pas autorisées sur ce site naturel sensible (faune et flore). N’hésitez pas à me contacter si vous désirez absolument voir ces lianes, visites envisageables dans le cadre des chantiers régulièrement réalisés sur site par les bénévoles de la LPO (arrachage de plantes invasives, entre autres).

Deuxième Clématite découverte par Odile Cruz.
Merci à Elisabeth et Odile d’avoir accepté de prendre la pose.

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les Jardins de l’Europe

Annecy, préfecture de la Haute-Savoie, est la ville la plus peuplée du département. Outre ses atouts paysagers, historiques et culturels (lac, vieille ville et ses canaux, château, montagnes, festival du film d’animation, etc) la « Venise des Alpes » peut s’enorgueillir de posséder de nombreux arbres remarquables et de beaux parcs. Le plus célèbre d’entre eux se trouve au coeur d’Annecy, derrière l’hôtel de ville et face au lac : il s’agit des Jardins de l’Europe.

L’histoire d’Annecy est fort longue, mais en ce qui nous concerne nul besoin de remonter à l’époque gallo-romaine, ce parc étant assez jeune.

Aux environs du XVIème siècle ce lieu, situé hors des murs fortifiés de la ville, était constitué d’îles marécageuses abritant quelques cabanes de santé où étaient isolés malades contagieux et individus suspects. Le premier propriétaire connu fut une famille de banquier Lombards, d’où le nom de « pré Lombard ».

Au début du XVIIème siècle l’endroit, alors devenu propriété de la famille Nemours, fût aménagé en lieu de « promenade et d’agrément » par le duc Henri de Genevois-Nemours.
En 1644 le Pré Lombard est offert à l’ordre de la Visitation. L’île est dès lors entourée de murs et reliée au monastère par une passerelle. Une représentation d’Annecy du Theatrum Sabaudiae montre une île parfaitement carrée constituée de parcelles jardinées aux lignes géométriques (image ci-contre). Il s’agit d’une vue idéalisée mais qui nous permet toutefois de nous faire une idée de la vocation du lieu : probablement potager, verger, lieu de promenade et de méditation pour les religieuses de la Visitation.

Au siècle suivant la mappe sarde nous offre un aperçu plus réaliste : deux îles, une grande et une petite, aux contours rectilignes au nord et à l’ouest (canaux), mais plus sinueux à l’est et au sud (Thiou, lac). La mappe de 1793 semble indiquer une désaffection progressive des îles au cours du XVIIIème siècle : le pont n’est plus présent et le cadastre se simplifie.
Le pré Lombard devient bien national à la révolution, avant d’être revendu en 1795 à un entrepreneur Genevois. L’île retrouve alors sa nature de « pré marais », parsemée de quelques fruitiers.
Entre 1835 et 1843 le conseil communal acquiert l’ensemble des deux îles et lance un concours en vue de l’aménagement des lieux, mais en raison de conflits d’intérêts rien ne se fera dans l’immédiat.
De 1838 à 1840 le canal qui séparait l’île principale de la ville est comblé faisant désormais du pré Lombard une presqu’île. On y construit une école, puis de 1847 à 1855 l’hôtel de ville.

Les premières plantations ont lieu à partir de 1855[5] au jardin du rond point[6] situé à l’est du parc actuel, face au lac, mais l’aménagement véritable du jardin tel que nous le connaissons aujourd’hui aura lieu à partir de décembre 1863 avec la plantation de plus de 1000 arbustes et 650 arbres. Initialement prévu pour être un jardin à la française, le parc sera aménagé à l’anglaise suite à une pétition des habitants.
Hormis quelques modifications ici et là la structure du lieu a très peu changé depuis cette époque. Il reste toutefois aujourd’hui bien peu de ligneux issus des premières plantations.

Le parc n’acquiert son titre actuel – « jardins de l’Europe » – qu’en 1987.

Le jardin était donc initialement constitué de 650 arbres et 1000 arbustes, un nombre important si on considère la superficie travaillée et l’état actuel des plantations. Toutefois il faut imaginer que l’endroit avait à ses débuts un tout autre aspect : Tous ces ligneux étaient jeunes et plantés en massifs denses ; fourrés impénétrables conférant au parc des allures de taillis, ce que l’on peut constater sur les plus anciennes cartes postales disponibles.

Avec le temps de nombreux arbres disparaissent (mort naturelle, aléas climatiques[8], éclaircissements, décisions politiques[9]), les survivants gagnant en dimensions pour progressivement changer l’aspect du parc.

Un inventaire est effectué entre 1860 et 1884.

Les documents officiels signalent qu’aujourd’hui « sur les 432 recensés par L. Devron (sic)[1] il n’en reste qu’environ 280 ». Cette phrase est ambiguë car ces chiffres ne sont pas détaillés.
432 représente certainement les arbres, et non tous les ligneux (sur les 650 individus initialement plantés plus de 200 arbres auraient donc disparu les 20 premières années d’existence du jardin). Quant au chiffre actuel, 280, que signifie-t-il ? Il ne peut représenter que l’ensemble des ligneux, petits et grands, car j’ai répertorié, en 2016, 232 arbres et arbustes. J’en ai peut-être oublié un ou deux, mais pas de quoi atteindre 280.
En réalité il ne subsiste que bien peu d’arbres des plantations originelles, peut-être une soixantaine tout au plus, mais certainement pas 280.

Le jardin contient aujourd’hui ~232 ligneux, soit 81 conifères et 151 feuillus (voir ici). Plus de la moitié est constituée d’essences autochtones (les mieux représentées étant : ifs, charmes et érables sycomores avec respectivement 28, 16 et 11 individus) ou de France méridionale (beaucoup de Laricios, un Micocoulier, etc). Le parc possède de nombreuses espèces d’origine nord-américaine (une 30aine d’individus) ou asiatique (une 30aine d’individus). À noter que l’Amérique du sud n’est représentée que par un seul arbre : un tout jeune Hêtre de l’Antarctique (Nothofagus Antarctica)…

Quelques mots sur les arbres les plus remarquables du jardin
(circonférences mesurées en 2016, hauteurs en 2016 et 2018)

 

GinkgoGinkgo biloba
circonférence: 3,99 m
hauteur: 24 m

Le Ginkgo, ou « arbre aux quarante écus », est une espèce relique d’origine asiatique[2], seule représentante vivante de la famille des Ginkgoaceae ; découverte en 1690 et introduite en France en 1778/1780(?)[7].
Bel arbre en limite ouest du jardin, du côté de la place de l’hôtel de ville. Tronc épaté et bosselé, houppier un peu déséquilibré par le séquoia voisin.
Sa circonférence, loin des records de l’espèce, en fait tout de même un des plus gros Ginkgos français, car rares sont chez nous les arbres dépassant les 4 m de tour.
Outre ses dimensions remarquables, cet individu possède une autre particularité: le tronc présente des excroissances en forme de stalactites appelées « chi-chi », chose semble-t-il assez inhabituelle chez nos Ginkgos Européens mais très caractéristique des vieux arbres asiatiques (exemple ici).
Très certainement planté dès la création du jardin vers 1863. Vu la longévité de l’espèce cet individu d’un peu plus d’un siècle et demi n’est donc pas très âgé[3].
Superbe en automne quand son feuillage tourne au jaune vif.
À propos de cet arbre, voir l’excellent article de Castor masqué sur le blog des têtards (ici).

 

Cyprès chauvesTaxodium distichum
circonférences: 3,993,953,70 – 2,78 m
hauteurs: 33,6 – 33 – 30 – 29,5 m

Cette espèce de conifère nord-américaine, typique des marais de Louisiane, a été introduite en Europe vers 1640 et en France fin XVIIème
Les cyprès chauves présentent une particularité liée à leur adaptation aux milieux humides: les « pneumatophores« , excroissances racinaires en forme de stalagmites, émergeant de l’eau afin d’assurer l’oxygénation des racines. Les Cyprès du jardin, au nombre de 4, en sont dépourvus ; mais n’en sont pas moins remarquables. Il s’agit de beaux arbres aux dimensions peu communes. Si en France les gros Cyprès chauves sont plus fréquents que les gros Ginkgos, les individus dépassant les 4 m de circonférence ne sont pas légion. À ce jour ce sont les plus gros exemplaires connus du département.
Leurs formes sont assez similaires: ports élancés, fûts hauts, troncs rectilignes, houppiers ovoïdes.
Le cyprès chauve, à l’instar du mélèze, est un des rares conifères à perdre ses feuilles. Il se pare donc à l’automne de couleurs flamboyantes.
Probablement plantés à la création du jardin.

 

Noyer noirJuglans nigra
circonférence: 3,66 m
hauteur: 26 m environ

Le Noyer noir est une espèce originaire d’Amérique du Nord, introduite en Europe au XVIIème siècle.
Il se distingue de notre Noyer commun par une écorce bien plus sombre (d’où son nom) et plus densément/finement texturé ; mais aussi par des folioles plus fines, plus nombreuses, et aux bords dentés.
Le Noyer des jardins de l’Europe présente un port peu harmonieux ; un houppier déséquilibré, clairsemé, d’aspect un peu malingre. Une grosse charpentière est arrachée (ancien?) ; une blessure parcourt le fût sur toute sa hauteur (écorcé). À part ses belles couleurs automnales son intérêt n’est donc pas tant esthétique que dendrométrique, peu d’individus atteignant chez nous un tel tour de taille. Il s’agit actuellement du plus gros Noyer noir mesuré en Haute-Savoie.
Arbre probablement planté à la création du jardin.

 

FrêneFraxinus excelsior
circonférence: 3,95 m
hauteur: 26 m environ

Espèce autochtone.
Arbre situé en lisière sud du parc, face au canal du Thiou et ses emblématiques bateaux touristiques.
Tronc oblique, port penché, houppier large côté Thiou. Beau Frêne photogénique, se détachant sur fond de lac que surplombe le Mont Veyrier.
Hauteur commune. Sa circonférence, sans être exceptionnelle, reste remarquable ; le plaçant parmi les plus gros frênes du département. À noter en outre qu’il est plus fréquent de rencontrer des frênes remarquables en campagne ou en forêt que dans nos parcs urbains où les individus hors-norme appartiennent en général à des essences exotiques.
Probablement planté à la création du jardin.

 

Saule pleureurSalix sp.*
circonférence: 3,83 m
hauteur: 14 m

Beau Saule (le seul du parc) presque isolé face au lac, aux branches sinueuses et aux rameaux typiquement retombants. Arbre emblématique des jardins romantiques.
* L’appellation « saule pleureur » est vague/ambiguë et fait référence à des arbres différents. Il s’agirait ici de Salix × chrysocoma, hybride de Salix babylonica et de Salix alba var. Vitellina. , synonyme de Salix × sepulcralis var. Chrysocoma (Kamoulox!), croisement obtenu en 1888… Je serais pour ma part bien incapable de conclure à ce sujet et me contenterai de Saule pleureur.
Vu la faible longévité des Saules il paraît très peu probable qu’il s’agisse d’un de ceux initialement plantés dans le jardin vers 1855, d’autant plus que la croissance de cet hybride est réputée rapide. Les photographies aériennes anciennes ne nous permettent pas de conclure, tout juste peut-on supposer une plantation dans les années 1950, voire 1940…
Blessure visible sur le tronc (écorcé). Aurait reçu la foudre il y a quelques années.

 

Séquoias géantsSequoiadendron giganteum
circonférences: 5,93 – 5,63 – 5,55 – 5,42 – 4,72 – 4,69 m[4]
hauteurs: (39)* – 38,238 – 36 – ~33 – 32,6 m

Ces arbres, originaires de Californie, sont remarquables par leur apparence naturellement imposante, toutefois leurs dimensions n’ont ici rien d’exceptionnel au vu des potentialités de l’espèce et des records nord-américains. Même au niveau national il s’agit d’arbres plutôt modestes car en France les plus gros individus dépassent les 10 m de tour et les plus hauts les 50 m! Il s’agit de tout jeunes séquoias probablement plantés à la création du parc et âgé d’~155/160 ans ; les plus vieux individus dépassant les 3000 ans! À noter toutefois qu’en Europe les plus âgés ne peuvent dépasser le siècle et demi, l’espèce ayant été introduite sur le vieux continent au milieu du XIXème.
D’un point de vue dendrométrique absolu ces arbres sont tout de même les plus gros et les plus hauts du jardin. *L’ancien record de 39 m n’est plus d’actualité, l’arbre détenteur du titre ayant depuis été foudroyé (voir cette vidéo impressionnante)…

 

À noter aussi: de nombreux ifs vraisemblablement contemporains de la création du jardin, un bouleau aux dimensions peu communes (circonf 2,17 m), de beaux et imposants marronniers (jusqu’à 3,58 m de tour), un Hêtre pourpre, des Ginkgos plus modestes, un gros Platane au tronc boursoufflé, un Cyprès de Lawson (bouquet de troncs très esthétique), de Beaux Pins noirs, et quelques espèces/cultivars d’intérêt horticole (Tetradium daniellii / Tilia Henryana / Davidia involucrata / Quercus Phellos / Quercus lamellosa / Nyssa sylvatica / Prunus maackii / etc)…


Les arbres les plus hauts sont tous des conifères = séquoias, Pins noirs, Cyprès chauves. Record actuel aux environs de 38,5 m pour un séquoia (un autre le talonne de près. Ancien record à 39 m pour le séquoia foudroyé), ce qui n’a rien d’exceptionnel pour l’espèce. Hauteur toutefois suffisante pour rendre cet individu localement remarquable, les arbres du parc ne dépassant pas dans leur grande majorité 32/33 m. Conifères assez nombreux à atteindre 30 à 32 m, plus rares ensuite.
En revanche les feuillus sont bien plus petits et dépassent rarement 28 m. Record à ~31/31,5 m pour un Tulipier (ce qui n’est pas non plus exceptionnel pour l’espèce. Le Tilleul de 30 m est à ce titre plus intéressant ; mais aucun arbre du parc n’est remarquable pour sa hauteur).

Galerie

carte interactive des arbres du jardin

Pour une meilleure navigation → voir la carte en plein écran

Sur l’histoire du jardin – sources: « l’Hôtel de ville et son jardin » Marie-Claude Rayssac / « Annecy côté jardin » / Revue savoisienne / archives départementales (cadastre, cartes, mappe sarde) / BNF / Souvenirs historiques d’Annecy jusqu’à la Restauration, par le chanoine J. Mercier / Oeuvres complètes de saint François de Sales – Partie 8-11,T-3) 1821 / l’Indicateur de la Savoie / etc.
Pour les compléments d’infos apportés, merci à: Marie-Claude Rayssac, Claude Lebahy, Christophe Ferlin, Franck Baudier, Jean-Pierre Coudray, archives municipales d’Annecy…

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