Hêtre oratoire

Hier, promenade très agréable au bois du fayet à Saint-Paul en Chablais. « Fayet » (tout comme « fayard ») est un mot de vieux français dérivé du latin fagus désignant le hêtre. Je m’attendais donc à visiter une hêtraie avec peut-être quelques vieux sujets.
Cette forêt porte bien son nom, tant le hêtre y est présent ; toutefois sa nature davantage exploitée que sauvage ne nous a pas permis de trouver de gros et vieux arbres.
En lisière quelques souches prostrées aux moignons horizontaux semblent indiquer la présence d’anciennes haies plessées (haie taillée, aux branches tressées à l’horizontale de manière à former une sorte de clôture végétale. Voir ici), tandis qu’au coeur du bois le hêtre est davantage présent sous forme de taillis que sous forme de gros arbre de futaie (taillis = arbres taillés périodiquement et qui repartent de la souche)…

Sur le chemin du retour nous en avons profité pour faire un crochet par la « route des fayards » à Roseires d’amont afin d’admirer un bel arbre oratoire. La circonférence de ce hêtre n’est pas exceptionnelle, mais ce n’est pas ce qui importe ici, l’intérêt étant le lien que cet arbre entretient avec l’homme, via la présence de cet oratoire.

Olivier, très sérieux, devant le hêtre-oratoire de Roseires d’Amont.

localisation > voir ici

Merisiers de Ripaille

Étonnant comme notre point de vue peut évoluer avec le temps…

Au tout début de ma passion pour les arbres remarquables, il y a 7 ou 8 ans de cela, je ne connaissais pas grand-chose au patrimoine arboré local, aux arbres remarquables, et même aux arbres en général. Je cherchais alors des équivalents au châtaignier de Troubois (photo) , où encore au tilleul de Féternes (photo) . Ce que je ne savais pas encore c’est qu’en commençant mes recherches par les champions locaux je faussais ma vision, car des arbres de ce genre ça ne court pas les rues (hum).
Je m’étais à cette époque rendu dans la forêt de Ripaille, attenante au château du même nom, pour saluer le Chêne Amédée VIII, autre célébrité locale. Triste rencontre: il ne restait pas grand-chose du vénérable ligneux emporté par la tempête de 99.
En vain je cherchais du regard d’autres gros chênes et repartais bredouille, un peu déçu de n’avoir pas découvert de vieux géants.

Je suis retourné à Ripaille dimanche dernier et il ne m’a pas fallu attendre très longtemps pour faire de belles rencontres. Dès l’entrée Je m’arrêtais tous les 10 mètres en poussant des hooo et des haaa d’admiration. Point de vieux Chênes, ni de nobles colosses, mais de belles Aubépines, du Sureau, du Prunellier, du Fusain, du Néflier (…) et surtout de superbes Merisiers en fleurs (>cerisiers sauvages), d’une blancheur éblouissante. J’étais subjugué par cette vision printanière enchanteresse.

Ce lieu est le même (ou presque) qu’il y a quelques années, rien n’a changé. Pourtant à mes yeux ce n’est plus du tout le même endroit! Mon point de vue a simplement évolué, imperceptiblement mais sûrement, me permettant aujourd’hui de réenchanter l’espace.

Quelle belle journée…
(…et quelle leçon!)

360°

Je cherche depuis un certain temps un moyen plus immersif de vous présenter de beaux arbres. Une galerie de photographies, si complète soit-elle, ne peut restituer l’espace. Un panoramique semble alors plus approprié, mais reste encore limité par le cadre de l’image, et ne présente donc, lui aussi, qu’une fraction de la réalité.
La photosphère à 360° j’en rêvais depuis longtemps mais la croyais réservée à une élite de photographes bardés de gadgets high-tech hors de ma portée. Puis, récemment, j’ai découvert le site view de google ainsi que quelques tutos pour réaliser simplement un 360°. Ce ne fut pas si simple que ça (merci Tanguy pour l’étape métadonnées), mais j’ai enfin pu venir à bout de cette photosphère, première d’une longue série je l’espère.

Châtaigneraie de la Chavanne

Pour agrandir la photosphère, cliquez sur l’icône dans l’angle supérieur droit de l’image.

le Poirier de Ganguilly à Fessy

Découverte d’un beau Poirier, avant-hier, du côté de Fessy: ~14 m de haut pour 3,66 m de circonférence.
Ô joie, mon tout premier Poirier remarquable!

J’espère avoir l’occasion de le photographier au printemps, paré de son habit floral. Et dans l’idéal j’aimerais rencontrer le propriétaire du verger pour connaître l’histoire de cet arbre.

À suivre…

Saule têtard de l’Huche Bonvard

Les Saules têtards* sont aisément repérables, isolés ou en alignement, tant leur silhouettes caractéristiques les distinguent des autres arbres (voir ce précédent article sur les trognes de st-Cergues). Mais celui que j’ai découvert hier est un têtard discret, oublié, qui poursuit sa vie d’arbre à l’abri des regards. L’absence d’entretien a transformé cette bordure de champ, longée d’un petit cours d’eau, en fourrés impénétrables. C’est en passant à quelques mètres de là que j’ai remarqué ce Saule (car comment repérer autrement cet arbre dont le tronc, bien que massif, n’excède pas 2 mètres de hauteur, et est donc masqué par la végétation alentour).

Notre discret Saule affiche tout de même 6,03 mètres de circonférence à la base (au plus étroit)! Difficile de se rendre compte sans référentiel humain. L’émergence d’un pneu (fichtre, mais que fait-il dans cet arbre?) en bas de l’image vous donnera peut-être une idée de cette masse ligneuse.

Le feuillage cendré des Saules blancs (Salix alba), visible de loin, facilite la découverte de vieilles trognes, du moins en été.
Après avoir exploré toutes les pistes imaginables pour découvrir de nouveaux têtards, effectuer un pré-repérage par images satellite est une méthode que je compte bien tester (exemple: on voit bien la couleur grisâtre de notre arbre sur cette image (photo))…

* «têtard»/«trogne» – définition