addendum

J’ai eu la chance de voir mon travail d’inventaire relayé par le journal Haut-Savoyard « le Messager » (voir ici). Je tiens à remercier chaleureusement le journaliste qui m’a permis de m’exprimer à ce sujet!

J’ai toutefois relevé quelques erreurs de transcription, j’en profite donc pour apporter ce petit correctif.

« Après mon retour à Thonon, j’ai commencé à m’intéresser plus concrètement aux végétaux pour m’occuper l’esprit » > je n’avais nul besoin de «m’occuper l’esprit». Il était plutôt question de mettre à profit l’abondance de temps-libre dont je disposais en approfondissant mes connaissances sur le végétal.

« Je les replantais dans mon jardin, je faisais des essais de croisement… » > Idée intéressante mais j’avoue n’avoir jamais tenté aucun croisement.

« A côté de chez moi, il y a des châtaigniers à Allinges qui sont très anciens et sont évoqués à travers des légendes liées à la vie de Saint-François-de-Sales et d’Amédée VIII. » >  Il fallait lire Amédée VII, dit le comte Rouge, et non Amédée VIII.

« Le premier critère c’est la beauté de l’arbre. Il faut aussi tenir compte de l’âge, de la taille mais cela dépend des espèces. Il y a également le critère de la rareté…» > La beauté est un des critères, pas forcément le « premier » (voir ici).

« Par exemple, les séquoias présents dans le Chablais ont été importés au milieu du XVIIIe siècle. » > je parlais des Séquoias Européens et non Chablaisiens en particulier. Et puis l’introduction de cet arbre nord-Américain a eu lieu au XIXè siècle et non au XVIIIè.

« des arbres oratoires dans les troncs desquels sont insérées par exemple des statues de la sainte vierge. » … mais pas uniquement.

« On trouve par exemple un tilleul de Sully à Féternes ou encore devant l’Eglise de Douvaine » > arbres « dits » de Sully. Le Chablais n’était pas français à cette époque. Difficile de croire qu’on y ait appliqué les directives d’un ministre d’Henri IV…

« Je suis devenu militant quand j’ai vu à Trossy ce qu’était devenu un tilleul [dit] de Sully. » > disons plutôt que la vue de cet arbre m’a fait prendre conscience de l’intérêt (l’urgence parfois) qu’il y a à sensibiliser/informer le public et à valoriser/protéger ces joyaux de notre patrimoine (concernant le Tilleul de Trossy, voir ce document de la DREAL).

la pinatelle du Zouave

En septembre j’ai passé quelques jours en Auvergne, au Puy-en-Velay. Mon oncle à qui je rendais visite tenait absolument à me montrer une curiosité locale (qui a reçu le label « arbres remarquables de France » en mars 2012), quelques kilomètres à l’ouest du Puy:
la « pinatelle du Zouave ».
À vrai dire je revenais d’une journée de randonnée et tout amoureux des arbres que je suis la fatigue émoussait un peu l’enthousiasme qui est habituellement le mien quand je rencontre de nouveaux ligneux.
Mais j’étais loin d’imaginer la féérie du lieu que j’allais découvrir!

Cette pinède (= pinatelle) n’a rien de classique!
Les Pins sylvestres qui la composent alimentaient de leur bois les fours à pain de la région de 1800 à 1930 et étaient pour cette raison appelés « pins de Boulange ».
La taille régulière, à hauteur d’homme, de ces arbres (sortes de Pins-têtards finalement) est à l’origine de leurs formes actuelles: prostrées, noueuses, tourmentées.

Cette explication toute pragmatique est toutefois bien impuissante quand il s’agit de décrire l’atmosphère fantastique, quasi-surnaturelle, du lieu.

Ciel gris, aucun bruit, aucun vent. La nature semblait retenir son souffle et nous invitait à faire de même à l’entrée de ce lieu étrange. L’absence d’autres visiteurs renforçait l’impression de solitude. Non pas une solitude angoissante mais plutôt une solitude sacrée, du genre de celle que vous pourriez ressentir  à l’approche de Stonehenge.
Au sein de cette mystérieuse forêt les quelques cabanes d’enfants rencontrées de-ci de-là passent pour les vestiges d’une obscure tribu disparue ; et les témoins de leurs jeux – pierres et branches – pour des artefacts d’un autre âge…

Plus nous progressions dans cette pinède plus les arbres rencontrés étaient imposants et torturés et plus leur apparence évoquait d’étranges créatures sylvestres pétrifiées.

Au plus profond du bois le temps lui-même semblait figé.

Si ce lieu ne dégageait pas tant de sérénité j’aurais eu l’impression d’être Dante au milieu des âmes damnées du septième cercle:

« J’entendais partout des lamentations
et ne voyais personne qui pût les faire;
aussi je m’arrêtai tout éperdu.
(…) toutes les voix sortaient, entre ces branches, de gens qui se cachaient à nous »

Divine comédie, Chant XIII

 

M’est avis qu’en plein brouillard, ou sous la neige, ce lieu doit être encore plus impressionnant!
Je remercie mon oncle pour ce fantastique voyage hors du temps.

Localisation: cliquez ici
Accès: facile > Emprunter la D590. Au niveau de Farreyrolles (~5km à l’ouest du Puy-en-Velay), non loin du hameau du Zouave (d’où le nom), au carrefour, prendre au nord la route opposée au village de Farreyrolles (pinatelle indiquée)…

arbres du jour

Sequoias de Thénières

Séquoias géants devant le château de Thénières à Ballaison.
Pourraient-ils être contemporains de la construction du château? L’édifice datant de 1863 ils seraient alors âgés d’ ~150 ans.
Magnifique ensemble en tout cas (circonférences: 6,56 – 6,79 – 6,53 m / hauteur: environ 32\36 m).
À 200m de là se trouve un autre trio de Sequoias géants (photo) . Plus loin dans le parc vous pourrez admirer un Hêtre au port majestueux (photo) .
Peut-être un Cormier sur le parking à côté du stade (photo) , mais je connais trop peu cette espèce pour être catégorique…

Saules têtards de st-Cergues

Circonférences: (6,50) – 5,65 – 4,98 m
Hauteurs: 14 à 17 m (estimations)
Âge: ?

J’ai vécu 13 ans, en alternance, entre Lyon et Thonon et ai donc emprunté un nombre incalculable de fois la ligne de train reliant ces deux villes. Autant dire que je connais par coeur ce trajet et les paysages qui l’égaient. Tout autant que les gares, les montagnes, les cours d’eaux, certains arbres me servaient de repères visuels tout au long du parcours. Parmi eux trois Saules isolés non loin de Machilly méritent une mention tant ils m’ont captivé, toutes ces années, par leur bucolique beauté et leur aspect massif.

Thonon est à seulement 20km de là et pourtant en 10 ans je n’avais encore jamais eu l’occasion d’aller rencontrer ces arbres. Accompagné de ma mère, passionnée d’arbres têtards (étrange famille!), je me suis enfin rendu à Machilly pour leur faire une visite. Ces arbres trônant au milieu d’un champ clôturé occupé par deux chevaux nous avons au préalable demandé l’autorisation au propriétaire, fort sympathique, avant de franchir en fusbury (l’émotion sans doute) la barrière nous séparant de notre végétal objectif…
Imaginez que vous fréquentez depuis des années Orsay et passez des heures devant le même tableau. Vous en connaissez la moindre touche, le moindre relief. Puis un beau jour vous vous rendez sur les lieux qui ont inspiré le peintre. Je n’étais pas loin d’éprouver le même genre d’impressions à la vue de ces trognes tant de fois admirées sous l’angle unique de ma fenêtre de train.
Quelle charmante rencontre… Ou « retrouvailles » devrais-je dire car j’avais finalement la sensation de retrouver de vieilles connaissances.

Ces trois Saules certainement du même âge (grosso modo. Je n’ai pu obtenir d’infos à ce sujet) n’en ont pas moins des aspects fort différents:

le premier m’a longtemps tracassé: Il y a quelques années une tempête (ou la foudre?) l’avait laissé dans un état de délabrement avancé. Du moins son aspect depuis le train était assez pitoyable. Mais depuis l’eau a coulé sous les ponts et bien qu’amputé de la moitié de sa structure il ne semble pas pour autant moribond. Ce vénérable estropié mesure 4,98 m de circonférence pour environ 15 m de haut.

Le deuxième, massif, sorte d’énorme poing ligneux sortant de terre est peut-être le plus impressionnant tant il semble indestructible. Il mesure 5,65 m de circonférence pour environ 17 m de haut.

Non loin de là le troisième, fendu, au tronc creux, ressemble davantage à une main ouverte qu’à un poing. Il affiche 6,50 m de circonférence et environ 14 m de haut. Toutefois la première mesure est à relativiser: plutôt que de prendre ses mensurations à hauteur réglementaire il aurait été plus judicieux, vu la forme évasée de ce Saule, de relever la circonférence au niveau le plus étroit du tronc (probablement entre 5,5 et 6 m de tour).
Je tiens toutefois à préciser, pour ma défense, que sur l’instant je n’y ai pas pensé, harcelés que nous étions par nos deux chevaux taquins, visiblement désireux de connaître quel goût nous avions (avec une nette préférence pour nos triceps, tendres à souhait).
J’en aurais bien profité des heures entières, mais pour la raison précédemment évoquée nous n’avons pas trop traîné…

Trois autres Saules sont visibles en bord de champs, le long de la route de la Marlot (photo) (circonf > estimations: ~ 5 / 4,90 / 3,30 m).

Avant de rentrer nous sommes passés chemin des Poules d’eau à l’endroit indiqué par le propriétaire. Près de la voie ferrée se cache, camouflé sous une couverture de ronces, un autre très gros Saule (photo) . Je n’ai pas pu le mesurer mais suppose sa circonférence comprise entre 5,50 et 6,50 m.
Secteur prometteur! Une bonne raison pour revenir prospecter…

Localisation: cliquez ici
Accès: facile > Depuis Machilly, traverser la voie ferrée puis prendre direction « Moniaz ». Passer sous la D1206 et environ 700 m plus loin tourner à gauche « route de la Marlot ». Terrain privé, arbres visibles de la route…