Saules têtards de st-Cergues

Circonférences: (6,50) – 5,65 – 4,98 m
Hauteurs: 14 à 17 m (estimations)
Âge: ?

J’ai vécu 13 ans, en alternance, entre Lyon et Thonon et ai donc emprunté un nombre incalculable de fois la ligne de train reliant ces deux villes. Autant dire que je connais par coeur ce trajet et les paysages qui l’égaient. Tout autant que les gares, les montagnes, les cours d’eaux, certains arbres me servaient de repères visuels tout au long du parcours. Parmi eux trois Saules isolés non loin de Machilly méritent une mention tant ils m’ont captivé, toutes ces années, par leur bucolique beauté et leur aspect massif.

Thonon est à seulement 20km de là et pourtant en 10 ans je n’avais encore jamais eu l’occasion d’aller rencontrer ces arbres. Accompagné de ma mère, passionnée d’arbres têtards (étrange famille!), je me suis enfin rendu à Machilly pour leur faire une visite. Ces arbres trônant au milieu d’un champ clôturé occupé par deux chevaux nous avons au préalable demandé l’autorisation au propriétaire, fort sympathique, avant de franchir en fusbury (l’émotion sans doute) la barrière nous séparant de notre végétal objectif…
Imaginez que vous fréquentez depuis des années Orsay et passez des heures devant le même tableau. Vous en connaissez la moindre touche, le moindre relief. Puis un beau jour vous vous rendez sur les lieux qui ont inspiré le peintre. Je n’étais pas loin d’éprouver le même genre d’impressions à la vue de ces trognes tant de fois admirées sous l’angle unique de ma fenêtre de train.
Quelle charmante rencontre… Ou « retrouvailles » devrais-je dire car j’avais finalement la sensation de retrouver de vieilles connaissances.

Ces trois Saules certainement du même âge (grosso modo. Je n’ai pu obtenir d’infos à ce sujet) n’en ont pas moins des aspects fort différents:

le premier m’a longtemps tracassé: Il y a quelques années une tempête (ou la foudre?) l’avait laissé dans un état de délabrement avancé. Du moins son aspect depuis le train était assez pitoyable. Mais depuis l’eau a coulé sous les ponts et bien qu’amputé de la moitié de sa structure il ne semble pas pour autant moribond. Ce vénérable estropié mesure 4,98 m de circonférence pour environ 15 m de haut.

Le deuxième, massif, sorte d’énorme poing ligneux sortant de terre est peut-être le plus impressionnant tant il semble indestructible. Il mesure 5,65 m de circonférence pour environ 17 m de haut.

Non loin de là le troisième, fendu, au tronc creux, ressemble davantage à une main ouverte qu’à un poing. Il affiche 6,50 m de circonférence et environ 14 m de haut. Toutefois la première mesure est à relativiser: plutôt que de prendre ses mensurations à hauteur réglementaire il aurait été plus judicieux, vu la forme évasée de ce Saule, de relever la circonférence au niveau le plus étroit du tronc (probablement entre 5,5 et 6 m de tour).
Je tiens toutefois à préciser, pour ma défense, que sur l’instant je n’y ai pas pensé, harcelés que nous étions par nos deux chevaux taquins, visiblement désireux de connaître quel goût nous avions (avec une nette préférence pour nos triceps, tendres à souhait).
J’en aurais bien profité des heures entières, mais pour la raison précédemment évoquée nous n’avons pas trop traîné…

Trois autres Saules sont visibles en bord de champs, le long de la route de la Marlot (photo) (circonf > estimations: ~ 5 / 4,90 / 3,30 m).

Avant de rentrer nous sommes passés chemin des Poules d’eau à l’endroit indiqué par le propriétaire. Près de la voie ferrée se cache, camouflé sous une couverture de ronces, un autre très gros Saule (photo) . Je n’ai pas pu le mesurer mais suppose sa circonférence comprise entre 5,50 et 6,50 m.
Secteur prometteur! Une bonne raison pour revenir prospecter…

Localisation: cliquez ici
Accès: facile > Depuis Machilly, traverser la voie ferrée puis prendre direction « Moniaz ». Passer sous la D1206 et environ 700 m plus loin tourner à gauche « route de la Marlot ». Terrain privé, arbres visibles de la route…

arbres remarquables du Chablais

Après quelques années de repérage tranquille j’ai décidé, début 2013, de passer à la vitesse supérieure et de travailler activement à l’élaboration d’un inventaire des arbres remarquables du Chablais. Tâche colossale pour l’amateur que je suis, mais tellement passionnante!

Mes objectifs:
– Donner de la visibilité à ces arbres, joyaux méconnus de notre patrimoine, afin de les placer sous la protection d’un public encore peu (voire pas du tout) informé à ce sujet. Plus il y aura de personnes à connaître/aimer ces arbres, plus ils auront de chance d’être préservés. Du moins c’est ce que je souhaite.
– Permettre au plus grand nombre de rendre visite à ces vénérables (pour ce qui est des arbres libres d’accès en tout cas) afin que tous puissent profiter de leurs bienfaits: l’énergie qu’ils nous transmettent, les sentiments qu’ils manquent rarement de susciter (émerveillement, sérénité, humilité,…), la joie que procure la vue des belles choses.
Ré-enraciner ces arbres dans l’histoire locale (de laquelle ils sont trop souvent exclus, fussent-ils séculaires!). Ce dernier objectif est le plus difficile à atteindre car il n’est pas évident d’obtenir des informations sur le passé de ces arbres.

Afin de rendre les données récoltées accessibles à tous je les ai reportées sur une carte visible sur le site à partir d’aujourd’hui.
C’est par ici:

carte

Cette carte est encore très lacunaire (manque de temps. Peu de données en zone de montagne > recherche difficile. Peu d’infos sur l’âge/l’histoire de ces vénérables, etc), mais contient déjà suffisamment de belles trouvailles pour enchanter moultes ballades dominicales.

N’hésitez pas, si vous rendez visite à un Vénérable du cru, à me faire part de vos impressions.

Vieille souche

Début juillet, alors que je me trouvais en Vanoise (Savoie), j’ai eu le privilège de traverser la vieille forêt de l’Orgère (à 2000 m d’altitude, juste au-dessus de Modane > voir ici).
Ce lieu magique, magnétique, hors du temps, abrite de nombreux résineux séculaires (Mélèzes, Arolles, quelques Épicéas). On peut y voir, paraît-il, des arbres de plus de 700 ans! Je n’ai malheureusement pas eu le temps de partir à leur recherche, mais j’ai toutefois bien profité de cette courte visite.

Difficile de décrire mes impressions, cependant une chose est sûre: je me suis rarement senti aussi bien. Quelle sérénité en ce lieu!

Certains Arolles (Pin Cembro – Pinus Cembra) m’ont fortement impressionné: noueux, tortueux, massifs, aux racines épousant la roche (…) l’un d’eux, au tronc concave, semble vouloir offrir sa protection à la faune locale et au promeneur égaré (je ne l’étais pas, mais cet ancien m’a tout de même permis de rêvasser un instant entre ses bras ligneux).


Au bord du chemin se trouve la souche d’un Mélèze qui était apparemment âgé de plus de 400 ans. Vu la proximité des anneaux de croissance je veux bien le croire.
Cet arbre disparu n’est pas moins impressionnant que ses congénères vivants. Je dirais même que le vertige existentiel que sa vue suscite est encore plus puissant… En admirant cette souche j’ai tout de suite pensé à ce film d’Hitchcock que j’adore: Vertigo. On y voit le personnage de Madeleine (Kim Novak) dire à Scottie (James Stewart), en montrant une coupe de Sequoia:

« je suis née quelque part par ici… »
   puis de déplacer le doigt de quelques centimètres et d’ajouter: « … et je suis morte là. Pour lui ça n’a été qu’une heure, pour moi une vie ».

Cette séquence est tellement forte! Rien que d’en parler j’en ai la peau de gallinacé!

En contemplant ces êtres séculaires je songe alors à ma modeste vie d’humain qui ne représente qu’un fragment de la leur. Loin d’être effrayante cette pensée m’emplit de gratitude, de sérénité.
Fréquenter de vieux/grands/beaux arbres, en plus d’être une activité apaisante et une joie pour les yeux, nous remet gentiment à notre place. Plus qu’un simple passe-temps il s’agit donc d’un véritable exercice spirituel d’humilité, d’acceptation, de contemplation, de respect et d’amour pour le vivant (une des raisons, si ce n’est LA raison, de la passion que je leur voue).

Puissé-je vous avoir donné envie de vous y intéresser…

Châtaignier d’Armoy

Il y a deux mois je découvrais en bord de route, en revenant de Samoëns, un imposant châtaignier à l’entrée d’Armoy (voir cet article). Je ne l’avais pas mesuré (barbelés, terrain privé) mais avais estimé sa circonférence à 7,50/8 m.
Aujourd’hui, me promenant dans le secteur je me suis permis de lui rendre une petite visite de courtoisie. Par chance j’ai pu rencontrer les propriétaires, fort sympathiques, et deviser arbres avec eux. Ils m’ont permis d’aller mesurer le monument, résultat: 8,26 m de circonférence!
Vu ses dimensions ce châtaignier doit certainement dépasser les 300 ans.

Cet arbre est visible depuis la route de Reyvroz à l’entrée d’Armoy (voir localisation).