Orme d’Arthaz Pont-Notre-Dame

En déplacement à Saint-Sixt dans le Faucigny j’en ai profité pour rendre visite à quelques arbres sur le trajet. Ma liste contenait entre autres deux ligneux remarquables mentionnés dans l’ouvrage « Gueule de bois » : un gros Poirier à Reignier et un Orme champêtre à Arthaz-pont-notre-Dame. Sans autre indication que ces noms de communes je me suis mis en quête d’âmes charitables prêtes à aiguiller l’étrange explorateur que je suis (« non mais t’entends ça Lucette? Le monsieur y cherche un arbre! »).

Je n’ai pu localiser le Poirier mais heureusement j’ai eu plus de chance avec l’Orme.
Il est devenu bien difficile de découvrir de gros Ormes, la plupart n’ayant pas survécu à l’épidémie de graphiose des années 70. C’est donc avec une certaine fébrilité que je me suis rendu au lieu indiqué. Fébrilité assaisonnée d’un zeste d’inquiétude: l’ouvrage datant de 1997 je me préparais à l’éventualité de découvrir un arbre sec, voire pas d’arbre du tout.

Quel joie de découvrir ce rescapé bel et bien vivant!

circonférence: 4,48 m   –   hauteur: environ 25 m

En comparant avec la photo de 1996 on constate l’absence de quelques branches et un feuillage un peu plus clairsemé, mais pas de quoi s’alarmer, l’arbre a l’air plutôt sain.

Détail intéressant:
cet orme a donné son nom au chemin qu’il borde.

 

Localisation: voir ici

Sapin du col de la Lanche, Seytroux

En janvier dernier, profitant d’un faible enneigement, je me rendais au coeur des montagnes Chablaisiennes, dans la commune de Seytroux > On m’avait indiqué, au niveau du secteur forestier de Lanversing (~1000/1200m d’altitude) quelques « très gros spécimen » de Sapins blancs. C’est donc avec une certaine fébrilité que je partais, avec un ami, explorer ce secteur inconnu.
L’excursion fut plus physique que prévue: forte pente, chemins de bûcherons plutôt flous, terrain glissant. Nous ne sommes pas resté bien longtemps, brouillard et neige commençant à faire leur apparition.
Au final nous avons pu admirer quelques gros résineux qui, quoi que n’étant pas tout à fait « remarquables », n’en était pas moins beaux. Et que dire du cadre! Simplement magique!
Après vérification il s’est avéré que je ne pouvais espérer trouver plus gros dans ce secteur. Aucune déception cependant, ce fut une bien belle sortie.

Je n’en avais toutefois pas terminé avec les Sapins Seytrousiens car en mars, Suite à l’article paru dans le messager, je fus contacté au sujet d’un résineux qui apparemment valait le coup d’oeil. Je n’en savais guère plus mais ce fut suffisant pour éveiller ma curiosité…

Il m’a pourtant fallu attendre ce mois de juin pour retourner à Seytroux car cet arbre n’était pas accessible avant pour des raisons d’enneigement.

Mon correspondant, mr Vulliez, ancien bûcheron à la retraite, tenait absolument à me présenter lui même sa découverte. Bien que très évasif et modeste au sujet de ce Sapin je ne le sentais pas moins attaché à cet arbre et désireux de le faire connaître.

Nous nous sommes rendus sur le versant faisant face à la forêt explorée en janvier, avant d’entamer une route empierrée de plus en plus chaotique sur les 4km nous menant au col de la Lanche, notre destination (effectivement, sans avoir à chausser les raquettes je vois mal comment j’aurais pu m’y rendre cet hiver!).

   Notre guide nous montre alors un point dans la forêt, à 50 mètres du chemin. Difficile pourtant de discerner quoi que se soit à cette distance et sans son indication je ne me serais certainement jamais écarté de la route à cet endroit.
Plus près, à une dizaine de mètres du résineux, un dense faisceau de troncs accidentés signale un arbre de forme inhabituelle, mais il faut toutefois se rendre au pied du Sapin pour vraiment prendre conscience de ses dimensions.
Et c’est en le contournant que son étrange beauté se révèle!
Je dis « étrange beauté » car cet arbre bien qu’ancien, abîmé, dissymétrique, dégage une incroyable noblesse! j’avais l’impression d’être au pied du roi de la montagne. Un humble et vieux roi oublié, digne, serein, trônant à 1522m d’altitude.

Question dimensions notre arbre, un Abies alba, mesure 4,90 m de circonférence au plus étroit, pour une hauteur que je n’ai pu évaluer (manque de recul).

En Suisse ce type de résineux est appelé « Gogant » – ici, aucun terme particulier pour désigner ces arbres singuliers (absence d’intérêt? Rareté? Coupe systématique des vieux sujets? je ne saurais le dire)…

Il y a fort longtemps ce résineux a perdu son bourgeon terminal (foudroyé?brouté?cassé?) ce qui l’a empêché de croître haut et droit comme les autres arbres de son espèce. Notre Sapin a alors réquisitionné, si je puis dire, des branches qui en se redressant sont devenues de véritables troncs, d’où sa forme en candélabre. Le plus intéressant/intriguant est, je trouve, la dysmétrie de la silhouette: le bouquet de troncs s’étant développé côté Nord-Est, laissant le flanc sud-est presque nu (quelques branches cassées de faibles diamètres). Hypothèses bienvenues…

Un grand merci à mr Vulliez qui m’a permis de découvrir ce superbe Sapin!


Localisation: cliquez ici
Accès: Thonon > longer la Dranse jusqu’au rond point de Bioge, prendre direction Morzine. ~10km plus loin, prendre le petit pont à droite direction Seytroux. Non loin de l’église traverser le pont à droite direction les Chosaux, continuer jusqu’au parking des Culées. 4km d’une route empierrée, menant au col de la Lanche, vous séparent alors du sapin…Possibilité d’y accéder par d’autres chemins de randonnée (col de la Lanche / pointe de la Balme)

Orchidées des Vouas

« Voua » est un terme dérivé du patois, désignant un plan d’eau d’origine glaciaire ; plus précisément: « dépressions fermées dues à la fonte de lentilles de glaces présentes dans les dépôts glaciaires » (ref géoparc). Dans la commune Chablaisienne du Lyaud le voua Bénit, le voua de la Motte et le voua des Splos/Beudet sont tous trois labélisés ZNIEFF, acronyme pour: « Zones Naturelles d’Intérêt Ecologique Faunistique et Floristique » (plus d’infos ici).

Bien qu’envisagée depuis un certain temps (znieff oblige), ma visite de ces vouas fut, pour le coup, imprévue.
Initialement je n’avais pas l’intention de botaniser.

Sans chercher à ratisser le secteur j’ai pourtant découvert, sur une courte distance, pas moins de sept espèces d’Orchidées. Celles-ci sont certainement communes, mais pour ma part je ne les avais encore jamais observées.
Quelle joie de pouvoir ajouter ces plantes à la liste de mes découvertes botaniques! (l’Orchidophilie me gagne)…

Certaines m’étaient familières, de nom en tout cas, comme l’homme-pendu ou l’Orchis singe , ainsi nommées en référence à l’aspect évocateur de la fleur (n’ayant pas prévu d’emporter ma flore je n’ai pu identifier les autres que d’après photo*).

Orchidées du jour: Céphalanthère à feuilles étroites (Cephalanthera longifolia) – Céphalanthère de Damas (Cephalanthera damasonium) (photo) – Listère ovale (Neottia ovata) – Néottie nid-d’oiseau (Neottia nidus-avis) – Orchis homme-pendu (Orchis anthropophora) – Orchis singe (Orchis simia) – Orchis de Fuchs (Dactylorhiza fuchsii)

Concernant cette dernière Orchidée je pensais avoir affaire à une Dactylorhiza maculata (« maculata » pour l’aspect maculé des feuilles), mais en potassant ma précieuse Flora helvética j’ai pu lire: « Labelle trilobé, parfois presque entier; lobe  médian petit, souvent plus court que les lobes latéraux » ;
alors qu’à côté, pour l’Orchis de Fuchs est écrit « Labelle profondément trilobé, lobe médian étroit, gén. dépassant nettement les latéraux »
La fleur semble ici correspondre à cette deuxième description*.

En tout cas je compte bien retourner botaniser aux abords des vouas, notamment pour découvrir le baroque Orchis Bouc (voir ici), indiqué sur la fiche Znieff du Voua Bénit.

 

Fiches ZNIEFF à consulter: 1) Voua de la Motte / 2) Voua des Splos / 3) Voua Bénit

* N’hésitez pas à me signaler d’éventuelles erreurs de détermination.